Le pas de tir s’éveille avant l’aube. Les projecteurs découpent la silhouette du SLS et d’Orion, l’air mordant fait scintiller les câbles et les umbilicaux, et les équipes au sol se déplacent avec la précision d’un orchestre. Hier, lors du second Wet Dress Rehearsal, la NASA a mené avec succès un test de remplissage et de compte à rebours qui marque une étape décisive sur la route d’Artemis II.
đź”§1. Préparation et chilldown : la mise en température qui fait toute la différence
La journée a commencé par le chilldown — phase critique où les lignes cryogéniques sont refroidies progressivement pour éviter les chocs thermiques. Après les enseignements du WDR 1, l’équipe a appliqué un profil de chilldown plus progressif et segmenté :
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Objectif : réduire les gradients thermiques entre matériaux différents et limiter la contraction soudaine des joints.
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Résultat observé : températures plus homogènes le long des umbilicaux et diminution des variations de pression initiales.
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Point d’attention détecté : quelques micro‑oscillations de température sur une section d’interface TSMU lors du passage de la première vague de LHâ‚‚ — surveillées mais dans les marges acceptables.
🌌2. Tanking complet : coordination hydrogène/oxygène et stabilité des débits
Le remplissage simultané des réservoirs d’hydrogène liquide (LHâ‚‚) et d’oxygène liquide (LOX) a été mené selon un profil strict. Les capteurs ont enregistré :
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Débits maîtrisés ; pas de pics anormaux.
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Pressions de tête maintenues dans les marges prévues. Les améliorations depuis WDR 1 — notamment des procédures de purge et des timings de valve ajustés — ont réduit les oscillations de pression observées précédemment.
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Point d’attention détecté : une légère dérive sur un capteur de débit LHâ‚‚, rapidement isolée par la logique de redondance et confirmée comme un artefact de mesure plutôt qu’une fuite réelle.
🛠️3. Interfaces umbilicales et TSMU : où se joue la confiance opérationnelle
Les umbilicaux, et en particulier le Tail Service Mast Umbilical (TSMU), ont été au centre des actions correctives après le WDR 1.
Pendant WDR 2 :
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Actions réalisées : retorquages ciblés, remplacements de joints suspects, tests d’étanchéité sous pression cryogénique.
- Amélioration clé : recalibrage des procédures d’assemblage et ajout d’un contrôle photographique horodaté pour chaque joint.
- Point d’attention détecté : deux micro‑détecteurs LHâ‚‚ ont montré des impulsions courtes lors du raccordement final ; la logique de vérification croisée a permis d’écarter un déclenchement automatique. Les équipes ont noté ces impulsions pour un suivi post‑test et un recalibrage fin.
Tail Service Mast Umbilical (TSMU) in VAB
⚙️4. Capteurs LHâ‚‚ et logique de sécurité : sensibilité vs opérabilité
Le premier WDR avait mis en évidence des déclenchements automatiques liés à la sensibilité des capteurs. Pour WDR 2 :
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Mesures prises : recalibrage des seuils, introduction de vérifications croisées entre capteurs indépendants, et ajout d’un filtre temporel pour éviter les faux positifs courts.
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Résultat : réduction notable des arrêts intempestifs tout en conservant la capacité de détection d’un vrai événement.
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Point d’attention détecté : nécessité d’un suivi long terme des capteurs recalibrés pour s’assurer qu’ils ne dérivent pas sous cycles thermiques répétés.
🛰️5. Closeout d’Orion et opérations humaines : traçabilité et sécurité
Les opérations de closeout ont été exécutées avec une discipline renforcée : retorquage systématique, purges adaptées et documentation photographique. Les nouveautés depuis WDR 1 :
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Purge en air respirable pour certaines opérations en White Room, améliorant la sécurité des techniciens.
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Procédure de traçabilité : chaque intervention est horodatée et liée à un lot de pièces.
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Point d’attention détecté : un allongement des temps de closeout lié à la double vérification documentaire — acceptable pour la sécurité, mais à optimiser pour les cadences futures.
Fermeture en cours de l'écoutille (ou sas) de la capsule Orion,
📊6. Ground Launch Sequencer et simulation de compte à rebours
Le Ground Launch Sequencer (GLS) a simulé la séquence terminale. Les améliorations logicielles et les nouvelles règles de filtrage des capteurs ont permis d’exécuter la séquence sans arrêt intempestif.
- Observation clé : la logique de sécurité a correctement isolé un signal erratique et a permis la poursuite du test sans compromettre la sûreté.
- Point d’attention détecté : validation finale nécessaire pour confirmer que la logique de filtrage ne masque pas un vrai événement dans des conditions extrêmes non couvertes par le test.
Ce que cela signifie pour le calendrier et la suite des opérations
Le WDR 2 a démontré que les corrections appliquées après le premier test fonctionnent : les équipes ont réduit les faux positifs, amélioré l’étanchéité apparente des interfaces et renforcé la traçabilité des interventions. Toutefois, la nature des micro‑fuites LHâ‚‚ et la sensibilité des capteurs imposent une prudence continue.
La température plus clémente à KSC (Floride) a certainement contribué à ce que les opérations de remplissage puissent se dérouler de manière plus sereine.
Aucune date de lancement de la mission Artemis a été confirmée au jour d'aujourd'hui mais la NASA prévois une conférence de presse qui aura lieu vendredi 20 février à 11 h HNE on devrait avoir certainement au minium une confirmation des prochaines fenêtres de tir.
Au cours des prochains jours, des techniciens utiliseront des grues pour installer des plateformes d'accès temporaires sur le lanceur mobile. Ces plateformes leur permettront d'atteindre les segments supérieurs gauche et droit des propulseurs d'appoint à propergol solide du SLS ainsi que le réservoir intermédiaire de l'étage central afin d'effectuer la maintenance du système d'autodestruction et de le tester à nouveau pour répondre aux exigences de sécurité du polygone de lancement de l'Est.
Ces plateformes ont été développées à partir des enseignements tirés de la mission Artemis I et permettent à la NASA de réaliser des tests complets du système de sécurité directement sur le pas de tir, sans avoir à le ramener au bâtiment d'assemblage des véhicules du Centre spatial Kennedy pour de nouveaux tests.
L' équipe chargée de la fermeture de la capsule Orion et du LAS Hatch s'exercera également une dernière fois aux opérations de fermeture, ce qui renforcera ses compétences.
Stay Tuned .....
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