🚀 Artemis II :Course contre la montre : comment la NASA corrige Artemis II pour maintenir un lancement en mars

Publié le 6 février 2026 à 11:43

Le Wet Dress Rehearsal (WDR) du 2 février n’a pas été un long fleuve tranquille. Le SLS a été entièrement rempli, Orion a été fermé, et le compte à rebours terminal a démarré… avant que le Ground Launch Sequencer ne stoppe automatiquement la séquence à T‑5 minutes. La cause : un pic soudain de fuite d’hydrogène liquide au niveau d’une interface du système de distribution.

Depuis, la NASA s’est engagée dans une véritable course contre la montre : résoudre les problèmes détectés sur le pas de tir, éviter un rollback vers le VAB, et préserver — si possible — une opportunité de lancement en mars 2026.

Voici où en sont les équipes, ce qui doit être réparé, et ce qui pourrait encore faire glisser le calendrier.

 

đź”§ 1. L’interface LHâ‚‚ : le cœur du problème… et la priorité absolue

Le WDR a confirmé que le SLS peut être rempli, pressurisé et amené en séquence terminale. Mais il a aussi révélé une faiblesse : une interface de distribution LHâ‚‚ (au niveau du Tail Service Mast Umbilical, TSMU) a laissé s’échapper suffisamment d’hydrogène gazeux pour déclencher un arrêt automatique.

Ce n’était pas une fuite massive, mais un pic soudain, typique d’un joint qui se contracte sous l’effet du froid extrême.

🎯 Résolution en cours

  • Inspection mécanique complète du TSMU sur le pas de tir

  • Tests d’étanchéité en conditions cryogéniques

  • Ajustements des joints et interfaces sans rollback

  • Vérification des capteurs LHâ‚‚ pour éviter les faux positifs

đź§Š Pourquoi c’est si délicat ?

L’hydrogène liquide est le fluide le plus difficile à contenir :

  • Température : –253 °C

  • Molécule minuscule : s’infiltre partout

  • Très volatil : s’évapore instantanément

  • Très inflammable : capteurs ultra‑sensibles obligatoires

La moindre micro‑fissure, la moindre contraction thermique, et les capteurs déclenchent une alerte.

⏳ Impact potentiel sur le calendrier

Si les réparations tiennent sur le pad, un second WDR peut être programmé rapidement. Si la fuite persiste → rollback vers le VAB, et le lancement glisserait au‑delà de mars.

    Tail Service Mast Umbilical (TSMU) in VAB

    đź§° 2. Orion : une valve de hatch à retorquer, mais rien de critique

    Pendant le WDR, une équipe de cinq techniciens a dû intervenir sur Orion pour retorquer une valve de pressurisation du hatch, récemment remplacée.

    Cela a rallongé les opérations de closeout, mais la NASA confirme que :

    • la valve fonctionne désormais correctement,

    • aucune anomalie structurelle n’a été détectée,

    • Orion reste en excellente santé.

    đź”’ Nouvelle procédure de sécurité

    Pour protéger les équipes dans la White Room, la NASA a modifié la purge des cavités du module de service :

    • Air respirable au lieu d’azote gazeux → Une mesure simple, mais cruciale pour la sécurité humaine.

    ⏳ Impact potentiel

    Faible. La valve est désormais conforme, et les procédures sont mises à jour.

    🎧 3. Communications et caméras : des détails qui comptent le jour J

    Le WDR a révélé deux problèmes secondaires :

    • Dropouts audio entre équipes sol

    • Caméras affectées par le froid

    Ces problèmes n’ont pas empêché le déroulement du test, mais le jour du lancement, ils pourraient :

    • ralentir les opérations,

    • compliquer la coordination,

    • réduire la surveillance visuelle du lanceur.

    đź”§ Résolutions en cours

    • Diagnostic complet du réseau audio

    • Renforcement des protections thermiques des caméras

    • Tests en conditions froides pour valider les correctifs

    ⏳ Impact potentiel

    Modéré. Ces problèmes doivent être corrigés avant le second WDR, mais ils ne menacent pas directement la date de lancement.

    đź“… 4. Le calendrier : mars est encore possible… mais fragile

    La NASA vise toujours une opportunité de lancement en mars 2026, mais tout dépend d’un facteur clé :

    👉 La capacité à résoudre la fuite LHâ‚‚ sans rollback.

    Scénario optimiste (le plus probable)

    • Réparations validées sur le pad

    • Second WDR dans les prochaines semaines

    • Lancement possible en mars

    Scénario conservateur

    • Fuite persistante → rollback vers le VAB

    • Réparations lourdes

    • Lancement repoussé au‑delà de mars

    Pour l’instant, la NASA reste confiante : aucune anomalie critique n’a été détectée et le SLS a démontré une bonne stabilité cryogénique.

     

    🌕Conclusion 

     

    Le WDR du 2 février a rempli sa mission : révéler les points à corriger avant d’envoyer des humains autour de la Lune.

     

    Les résolutions en cours sont ciblées, maîtrisées, et pour l’instant, rien n’indique un risque majeur pour Artemis II.

    Mais l’hydrogène liquide ne pardonne rien. La réussite du second WDR — et donc le lancement de mars — dépendra de la capacité des équipes à dompter une interface LHâ‚‚ capricieuse.

    La Mars Society Belgium continuera à suivre chaque étape, chaque correctif, chaque décision technique. Le prochain grand rendez‑vous : l’annonce de la date du second WDR

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