🚀 Artemis II – Un Wet Dress Rehearsal sous tension : entre progrès réels, arrêts imprévus et un lancement désormais attendu en mars

Publié le 3 février 2026 à 15:52

Un Wet Dress Rehearsal sous tension : entre progrès réels et arrêts imprévus

Le 2 février 2026, la NASA a réalisé un Wet Dress Rehearsal (WDR) essentiel pour la mission Artemis II. Ce test n’a pas été parfait — plusieurs arrêts de remplissage, un arrêt automatique du compte à rebours, une valve Orion à retorquer — mais il a permis de valider l’essentiel👉 le SLS et Orion n’ont révélé aucune anomalie critique pouvant compromettre le lancement.

 

Le WDR devra être répété, et la fenêtre de lancement glisse désormais vers mars, mais la dynamique reste positive.

 

Voici le récit complet, fidèle au déroulé réel publié par la NASA.

    đź•’ 1. Call to Stations – Le WDR entre en mouvement

    Dès le matin, les équipes prennent position. Le SLS est mis sous tension, les communications sont activées, et les systèmes sol sont configurés pour une journée longue et exigeante.

    L’objectif : remplir entièrement le Core Stage et l’ICPS, puis mener un compte à rebours terminal jusqu’à quelques minutes de T‑0.

    ❄️ 2. Chilldown – Une étape cruciale parfaitement exécutée

    Les conduites LOX et LHâ‚‚ sont progressivement refroidies jusqu’à leurs températures cryogéniques :

    • LOX : –183 °C

    • LHâ‚‚ : –253 °C

    Après les températures glaciales de fin janvier, cette étape était particulièrement sensible. Bonne nouvelle : le chilldown s’est déroulé nominalement, sans instabilité thermique.

    đź§Ş 3. Remplissage cryogénique – Arrêts, reprises et vigilance maximale

    Le remplissage du Core Stage LHâ‚‚ commence… puis s’interrompt. Les capteurs détectent une augmentation du taux d’hydrogène gazeux près d’une interface sol–lanceur. Ce n’est pas un quick‑disconnect en particulier, mais bien une interface d’alimentation LHâ‚‚ qui montre une légère fuite.

    👉 Pourquoi arrêter ? Parce que l’hydrogène liquide est extrêmement difficile à contenir : la moindre micro‑ouverture suffit à laisser s’échapper du gaz.

    Les équipes appliquent alors une procédure éprouvée : réchauffer légèrement la zone pour permettre aux joints de se dilater et de retrouver leur étanchéité.

    ✔️ Reprise du remplissage

    Le débit se stabilise, les pressions se normalisent.

    ✔️ Deuxième arrêt

    Une nouvelle élévation du taux d’hydrogène est détectée. Même procédure : réchauffement localisé, analyse, reprise.

    👉 Point important : Ces fuites restent dans les limites de sécurité et ne constituent pas une anomalie critique.

    đź§Š 4. Orion : un hatch module qui demande plus de temps

    Pendant que le SLS est rempli, une équipe de cinq techniciens se rend au pas de tir pour finaliser les opérations de closeout d’Orion.

    Une valve associée à la pressurisation du hatch module, récemment remplacée, nécessite un retorquage. Cette intervention, plus longue que prévu, retarde légèrement la progression du WDR.

    La NASA en profite pour appliquer une nouvelle procédure : 👉 purger les cavités du module de service avec de l’air respirable, plutôt qu’avec de l’azote gazeux, afin de garantir la sécurité des équipes dans la White Room.

    ⏱️ 5. Terminal Countdown – Un arrêt automatique à T‑5 minutes

    Une fois les réservoirs pleins, le SLS entre dans le compte à rebours terminal simulé.

    Tout se déroule nominalement jusqu’à environ T‑5 minutes, moment où le Ground Launch Sequencer (GLS) — le système automatisé qui gère les dernières minutes du compte à rebours — arrête automatiquement la séquence.

    👉 Cause : un pic soudain du taux de fuite d’hydrogène détecté par les capteurs.

    Ce n’est pas un arrêt manuel : c’est le GLS qui applique strictement les critères de sécurité.

    Malgré cet arrêt, la NASA confirme que le comportement du GLS est conforme aux attentes et que le SLS a démontré sa capacité à entrer en séquence terminale.

     

    đź§ą 6. Drain & Safing – Retour à l’état sécurisé

    Après l’arrêt automatique, les équipes procèdent à :

    • la vidange des réservoirs,

    • la purge des lignes cryogéniques,

    • la sécurisation du lanceur et d’Orion.

    Le WDR est officiellement terminé.

     

    Ce que le WDR a révélé – Les points à revoir avant le second test

     

    Le WDR n’a pas été parfait, mais il a permis d’identifier des points techniques à corriger, sans révéler de problème majeur.

    đź”§ 1. Interface LHâ‚‚ du Core Stage

    • Fuites intermittentes lors du remplissage.

    • Nécessite inspection et ajustements.

    đź§Š 2. Valve du hatch module Orion

    • Retorquage nécessaire.

    • Closeout plus long que prévu.

    🎥 3. Caméras affectées par le froid

    • Plusieurs caméras et équipements visuels ont été perturbés.

    • Cela n’a pas impacté le WDR, mais aurait nécessité une attention accrue le jour du lancement.

    🎧 4. Dropouts audio

    • Plusieurs coupures audio entre équipes sol.

    • Problème déjà observé les semaines précédentes.

    • Doit être résolu avant le second WDR.

    👉 Conclusion NASA : Aucune anomalie détectée n’empêche le lancement. Mais un second WDR est nécessaire pour valider les corrections.

    En attendant le prochain WDR, l’équipage d’Artemis II quitte temporairement la quarantaine. Ils resteront prêts à revenir au Kennedy Space Center dès que la NASA fixera la nouvelle date.

    Impact sur le calendrier – Artemis II vise désormais mars

    Avec un second WDR à planifier, la NASA confirme que le lancement ne pourra pas avoir lieu avant mars 2026.

    Ce glissement est prudent, mais logique : 👉 mieux vaut corriger les interfaces LHâ‚‚ et les systèmes Orion maintenant que gérer un arrêt automatique le jour du lancement.

     

    🌕 Conclusion – Un WDR imparfait, mais rassurant

    Le Wet Dress Rehearsal du 2 février n’a pas été un test « parfait », mais il a été réussi là où cela compte : le SLS et Orion ont démontré qu’ils peuvent être remplis, stabilisés, pressurisés et amenés jusqu’à un compte à rebours terminal.

    Les anomalies observées sont gérables, comprises, et corrigeables.

    Artemis II reste sur la bonne voie — avec un lancement désormais attendu en mars 2026.

    Mars Society Belgium continuera à suivre chaque étape et publiera un nouveau débrief dès que la NASA annoncera la date du second WDR.

     

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