À l’aube d’une nouvelle ère lunaire, Artemis II se dresse comme un pont entre l’héritage d’Apollo et l’ambition d’un retour durable sur la Lune.
Dans les couloirs du Kennedy Space Center, l’effervescence est palpable : pour la première fois depuis plus de cinquante ans, une fusée américaine s’apprête à envoyer des astronautes au‑delà de l’orbite terrestre.
Mais derrière l’émotion, Artemis II est avant tout une mission de test, une démonstration rigoureuse des capacités du Space Launch System (SLS) et du vaisseau Orion, conçus pour soutenir l’exploration humaine en espace profond.
🌕 Une mission qui ouvre la voie
Artemis II est la première mission habitée du programme.
Son objectif n’est pas encore d’atterrir sur la Lune, mais de valider l’ensemble des systèmes nécessaires pour Artemis III et les missions suivantes.
Pendant 10 jours, l’équipage effectuera un vol circumlunaire, s’éloignant jusqu’à environ 7 400 km au‑delà de la face cachée de la Lune — plus loin que tout équipage humain avant eux.
À bord :
Commandant de la mission Artemis II de la NASA. Originaire de Baltimore, il a auparavant été ingénieur de vol à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pour l'Expédition 41, de mai à novembre 2014. Au cours de cette mission de 165 jours, Wiseman et ses coéquipiers ont mené à bien plus de 300 expériences scientifiques dans des domaines tels que la physiologie humaine, la médecine, les sciences physiques, les sciences de la Terre et l'astrophysique. Ils ont établi un record pour la science à bord de la station en réalisant 82 heures de recherche en une seule semaine. Il a également dirigé le Bureau des astronautes de décembre 2020 à novembre 2022.
Pilote de la mission Artemis II de la NASA autour de la Lune. Glover a été sélectionné comme astronaute en 2013 alors qu'il était assistant parlementaire au Sénat américain. Plus récemment, il a piloté le vaisseau spatial Dragon Crew-1 qui s'est rendu à la Station spatiale internationale, où il était également ingénieur de vol pour l'Expédition 64.
Exploratrice et ingénieure devenue astronaute en 2013. Elle occupera le poste de spécialiste de mission pour la mission Artemis II de la NASA. Auparavant, elle a vécu et travaillé à bord de la Station spatiale internationale pendant la quasi-totalité de l'année 2019, au cours des expéditions 59, 60 et 61. Elle a passé un total de 328 jours consécutifs dans l'espace et a participé aux premières sorties extravéhiculaires entièrement féminines. Elle a été chef de la section des équipages affectés au sein du Bureau des astronautes et a également travaillé comme assistante à l'intégration technique auprès du directeur du centre de recherche Johnson de la NASA. Avant de devenir astronaute, Christina Koch a travaillé dans le développement d'instruments pour des missions scientifiques spatiales et comme ingénieure scientifique de terrain en Antarctique et en Arctique.
Né à London, en Ontario, au Canada, le colonel Jeremy Hansen est un astronaute canadien et un ancien pilote de chasse. Il possède une vaste expérience des opérations de mission et des rôles de commandement. Il a été affecté comme spécialiste de mission pour la mission Artemis II, ce qui fera de lui le premier Canadien à faire le tour de la Lune. Hansen a été sélectionné comme astronaute en 2009 et a terminé sa formation d'astronaute candidat en 2011. Il a travaillé comme opérateur radio au Centre de contrôle des missions de la NASA à Houston et a participé à des missions d'entraînement internationales, notamment le programme CAVES de l'ESA en 2013 et la mission sous-marine NEEMO 19 de la NASA en 2014. Il a également participé à plusieurs expéditions d'entraînement en géologie de terrain, notamment dans le Haut-Arctique canadien. En 2017, il est devenu le premier Canadien à diriger une promotion d'astronautes de la NASA.
🧩 Le Space Launch System : la fusée la plus puissante jamais construite
Le SLS Block 1, utilisé pour Artemis II, combine :
🔥 Un étage central équipé de quatre moteurs RS‑25
Ces moteurs, hérités de la navette spatiale mais entièrement modernisés, cumulent plus d’un million de secondes de fonctionnement en essais.
Ils brûlent un mélange d’hydrogène et d’oxygène liquides, générant une poussée colossale.
🚀 Deux boosters latéraux à poudre
Dérivés des boosters de la navette, ils fournissent plus de 75 % de la poussée au décollage.
🛰️ L’étage supérieur ICPS (Interim Cryogenic Propulsion Stage)
Il réalise l’injection translunaire, la manœuvre qui propulse Orion hors de l’orbite terrestre.
Le SLS est conçu pour envoyer plus de 27 tonnes vers la Lune — un record pour un lanceur habité.
🛡️Orion : un vaisseau pensé pour l’espace profond
Orion est le premier vaisseau américain capable de transporter un équipage au‑delà de l’orbite basse depuis Apollo.
Pour Artemis II, il embarque plusieurs systèmes testés pour la première fois avec des humains :
🫁 Le système de support‑vie ECLSS
Il gère :
- l’oxygène,
- le CO₂,
- l’humidité,
- la température,
- la filtration de l’air.
Artemis II doit valider son fonctionnement en conditions réelles pendant plusieurs jours.
🛰️ Le module de service européen (ESM)
Construit par l’ESA, il fournit :
- propulsion,
- électricité via ses panneaux solaires,
- eau,
- contrôle thermique.
🎥 Un système d’imagerie renforcé
Orion embarque 28 caméras, internes et externes, pour documenter chaque phase du vol, y compris les opérations critiques comme l’injection translunaire et la rentrée atmosphérique.
🔥 Un bouclier thermique de 5 mètres de diamètre
Le plus grand jamais construit pour un vaisseau habité.
Il doit résister à une rentrée à près de 40 000 km/h, générant des températures supérieures à 2 700 °C.
🔧 Une mission conçue pour tester, valider, répéter
Artemis II inclut plusieurs démonstrations techniques essentielles :
🛰️ Proximity Operations Demonstration
Orion effectuera une série de manœuvres autour de l’étage supérieur ICPS, simulant les futurs rendez‑vous avec la station lunaire Gateway ou un atterrisseur.
🧪 Tests de communication en espace profond
La mission validera les capacités du réseau Deep Space Network pour les futures opérations habitées.
🧬 Études physiologiques
L’équipage participera à des expériences sur :
- l’adaptation du corps humain en espace profond,
- les effets du rayonnement,
- les cycles de sommeil en environnement isolé.
🌍 Un voyage qui prépare le futur
Artemis II n’est pas une destination : c’est un passage obligé, une étape cruciale vers un retour durable sur la Lune.
Elle permettra de confirmer que :
- Orion peut soutenir un équipage en espace profond,
- le SLS fonctionne de manière fiable,
- les systèmes de navigation, de communication et de support‑vie sont prêts pour Artemis III.
C’est aussi une répétition générale pour les futures missions vers Mars, où les astronautes devront vivre des mois loin de la Terre, sans possibilité de retour rapide.
un récit qui s’écrit en temps réel
Artemis II est à la fois un hommage et une promesse.
Un hommage aux missions Apollo 8 et Apollo 10, qui avaient ouvert la voie aux premiers pas humains sur la Lune.
Une promesse que l’humanité s’apprête à franchir un nouveau seuil, non plus pour une visite, mais pour une présence durable.
Dans les années à venir, Artemis transformera la Lune en laboratoire, en avant‑poste, en tremplin.
Et tout commence ici : avec quatre astronautes, un vaisseau, une fusée, et un voyage qui redéfinit notre place dans l’espace.
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