Artemis II : la fusée SLS est sortie du VAB et a pris sa place sur le pas de tir LC39B🚀
Le 17 janvier 2026 restera comme une date symbolique dans la nouvelle ère de l’exploration lunaire. À l’aube, alors que la lumière rasante révélait encore les contours massifs du Vehicle Assembly Building (VAB), la NASA a donné le signal : la fusée Space Launch System (SLS) avec le vaisseau spatial Orion en son sommet pouvaient entamer leur lent voyage vers le pas de tir LC39B.
Sous le regard attentif des équipes rassemblées au Kennedy Space Center, de l’équipage d’Artemis II et du nouvel administrateur de la NASA venu assister à l’événement, l’ensemble colossal s’est lentement animé, hissé sur le dos du Crawler. (voir article sur les crawler)
Pendant près de huit heures, la fusée a glissé à une allure presque imperceptible le long des 6,8 kilomètres du Crawlerway, avançant avec la précision d’un instrument scientifique.
Ce déplacement, à peine plus rapide qu’un pas humain, n’avait rien d’anodin.
Il résonnait comme un écho direct aux grandes répétitions générales du passé : Apollo 8, premier équipage à quitter l’orbite terrestre pour s’élancer vers la Lune, et Apollo 10, véritable répétition générale d’un alunissage, frôlant la surface lunaire à seulement quelques kilomètres.
Aujourd’hui, Artemis II reprend ce fil interrompu depuis plus de cinquante ans.
Chaque mètre parcouru par le SLS rappelait que l’humanité s’apprête à renouer avec ces trajectoires mythiques, à revivre l’audace des pionniers tout en écrivant un chapitre entièrement nouveau.
Un mouvement lent, maîtrisé, mais chargé d’une immense puissance symbolique.
🔧 Pourquoi ce rollout est si important ?
Le déplacement vers le pas de tir marque le début d’une série d’opérations critiques :
- tests cryogéniques des réservoirs,
- vérifications électriques et avioniques,
- Wet Dress Rehearsal,
- inspection complète de la tour de lancement,
- répétitions générales avec l’équipage.
Chaque étape doit être validée avant que la NASA ne donne son feu vert pour le lancement, prévu au plus tôt début février 2026.
🔧 Les améliorations techniques mises en place pour Artemis II : un rollout plus robuste et mieux préparé
Le rollout d’Artemis II n’est pas seulement un déplacement spectaculaire : c’est aussi la démonstration que la NASA a appris des difficultés d’Artemis I et a profondément renforcé la configuration du SLS et de la tour mobile pour éviter un retour imprévu au VAB.
Voici les principaux changements techniques qui ont été intégrés avant le rollout du 17 janvier 2026.
🔋 1. Nouveau système de batteries pour le Flight Termination System (FTS)
Lors d’Artemis I, la durée de validité des batteries du système d’autodestruction (FTS) avait été un point critique.
La FAA impose une durée certifiée, et lors du premier vol, cette durée avait été trop courte, obligeant la NASA à ramener la fusée au VAB pour remplacer les batteries.
Pour Artemis II :
- les batteries du FTS ont été entièrement redessinées,
- leur durée certifiée a été significativement augmentée,
- le système est désormais accessible et testable sur le pas de tir,
- la NASA n’a plus besoin de retourner au VAB pour revalider le FTS.
C’est l’une des améliorations les plus importantes pour éviter les retards.
🧊 2. Amélioration des joints cryogéniques et des systèmes de purge
Artemis I avait souffert de fuites d’hydrogène liquide au niveau des quick‑disconnects.
Ces fuites avaient nécessité plusieurs interventions lourdes, dont certaines impossibles à réaliser sur le pas de tir.
Pour Artemis II :
- les joints cryogéniques ont été renforcés,
- les plaques d’interface ont été reprofilées,
- les capteurs de pression et de température ont été doublés,
- de nouveaux outils permettent désormais de réparer ou resserrer certains éléments directement sur le pas de tir.
L’objectif : éviter un retour au VAB pour un simple problème de fuite.
🧪 3. Capteurs et instrumentation supplémentaires pour les tests cryogéniques
Le SLS dispose maintenant de :
- capteurs de pression supplémentaires dans les lignes d’hydrogène,
- thermocouples additionnels sur les réservoirs,
- un système de diagnostic en temps réel amélioré.
Ces ajouts permettent de détecter plus tôt les anomalies et de les corriger avant que la fusée ne soit entièrement chargée en ergols.
🏗️ 4. Modifications de la tour de lancement mobile (ML‑1)
La tour avait montré plusieurs faiblesses lors d’Artemis I, notamment :
- des dommages structurels causés par les vibrations,
- des problèmes d’accès pour les équipes techniques,
- des systèmes électriques sensibles aux surtensions.
Pour Artemis II :
- les plateformes d’accès ont été élargies,
- les câbles électriques ont été blindés,
- les systèmes de purge et d’évacuation ont été redimensionnés,
- les protections thermiques ont été renforcées.
Ces améliorations permettent d’effectuer davantage d’interventions directement sur le pas de tir, sans retour au VAB.
🛰️5. Amélioration du système de nivellement du crawler
Le Crawler‑Transporter 2 a également été ajusté pour Artemis II :
- meilleure compensation des micro‑oscillations,
- contrôle d’inclinaison plus précis,
- réduction des vibrations transmises au SLS.
Cela réduit les risques de micro‑dommages sur les interfaces sensibles pendant le transport.
🎯En résumé :
Grâce à ces améliorations, la NASA vise un objectif clair :
➡️ ne plus ramener la fusée au VAB sauf en cas d’absolue nécessité.
Les équipes peuvent désormais :
- tester le FTS sur place,
- réparer certaines fuites cryogéniques,
- intervenir sur la tour mobile,
- diagnostiquer les anomalies en temps réel.
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