Le youtubeur ASTRONOPHILOS nous offre une opportunité exceptionnelle avec une visite exclusive au cœur du CNES (Centre National d'Études Spatiales) à Toulouse. Dans cette vidéo fascinante, nous découvrons les coulisses de la participation du CNES à l'exploration du cratère Jezero. Voici un décryptage des points techniques majeurs abordés lors de cette visite, à garder en tête avant de visionner la vidéo !
📸 Caspex et SuperCam : L'œil d'aigle de Perseverance
Le point d'orgue de cette visite est sans conteste la découverte du module Caspex (CAmera for SPace EXploration), le cœur visuel de l'instrument franco-américain SuperCam qui trône sur le mât de Perseverance.
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Un concentré de technologie : Il est stupéfiant de constater que cet instrument spatial tient dans le creux d'une main. Caspex utilise un capteur CMOS avec sortie numérique, une technologie omniprésente sur Terre, mais ici "durcie" pour résister aux radiations mortelles de l'environnement martien. Sa conception exige environ un an de design logiciel et matériel, suivi de 6 à 8 mois de fabrication en fonderie de silicium.
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Une vision télescopique : Sur Perseverance, cette caméra ne travaille pas seule. Elle est positionnée à l'arrière d'un puissant télescope. Cela lui permet de capturer des images d'une résolution extrême à de très grandes distances.
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Spectroscopie Raman : SuperCam est également équipé d'un laser vert fonctionnant à 532 nanomètres. En "tirant" ce laser sur les roches martiennes, les scientifiques analysent la fluorescence émise en retour (spectroscopie Raman), ce qui permet de déterminer à distance la minéralogie exacte du sol.
📡 Le FOCse (French Operations Center for Science and Exploration) : Conduire sur Mars au quotidien
Comment pilote-t-on un laboratoire mobile situé à des millions de kilomètres ?
Le CNES héberge le FOC martien, la salle de contrôle depuis laquelle les ingénieurs français opèrent les instruments de Curiosity (ChemCam, SAM) et de Perseverance (SuperCam).
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Le rythme martien : Les équipes toulousaines travaillent 5 jours sur 7, en étroite synchronisation avec le Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena en Californie.
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Les fenêtres de communication : Impossible de discuter en direct avec le rover ! Les ingénieurs lui envoient son "plan de la journée" (ses commandes de tirs laser et de photographie) le matin, heure martienne. Le rover se réveille, exécute ses tâches en totale autonomie, puis profite du passage de l'un des sept satellites actuellement en orbite autour de Mars pour relayer ses lourds paquets de données scientifiques vers la Terre.
Le FOCSE Mars 2020, centre de mission de l'instrument SuperCam au Centre spatial de Toulouse © CNES/DE PRADA Thierry, 2021, Author provided
🧪 Simuler l'enfer de l'espace sur Terre
Avant d'être envoyés sur Mars (ou sur la Lune), ces instruments subissent des tortures mécaniques et thermiques dans les laboratoires du CNES pour garantir leur survie :
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Les tests cryogéniques : L'espace est glacial. Pour s'assurer que les capteurs optiques et électroniques survivront, les ingénieurs utilisent des chambres à vide équipées de blocs de cuivre refroidis à l'azote liquide (-200°C), voire à l'hélium compressé pour atteindre les 30 Kelvin (environ -250°C).
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Corriger les micro-vibrations : Pour les instruments orbitaux, le CNES a développé un "banc de bougé" unique au monde. Il utilise des miroirs piézoélectriques pour simuler les infimes tremblements d'un engin spatial, permettant aux ingénieurs de créer des algorithmes qui "défloutent" l'image de manière autonome.
Astronophilos & Cédric Virmontois Chef du département de détection optoélectronique du CNES- test cryogénique
🔴 Le Delta de Jezero : La quête des origines
Toute cette ingénierie n'a qu'un seul but : trouver des traces d'une vie passée. Devant une maquette à taille réelle (et colossale) de Perseverance, les experts rappellent que le rover arpente actuellement les vestiges d'un ancien delta de rivière dans le cratère Jezero.
Chaque carotte prélevée (marquée par un point rouge sur les cartes de navigation du CNES) est un trésor géologique. Grâce à la robustesse de Caspex et à l'intelligence des équipes de contrôle, ces échantillons attendent désormais patiemment d'être ramenés sur Terre par la future mission Mars Sample Return.
Pour vivre cette immersion spatiale et découvrir de vos propres yeux ces bijoux de technologie française,
👉 Voir la vidéo complète d'ASTRONOPHILOS sur YouTube !
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