🚨Artemis II - J 7, 8 et 9 : Integrity rentre à la maison
Après l'euphorie du survol lunaire et le frisson de la face cachée, l'équipage d'Artemis II a entamé la phase la plus longue, mais tout aussi cruciale, de son voyage : le retour vers la Terre. Il y a quelque chose d'étrangement mélancolique dans le retour d'une mission spatiale. On passe des jours à regarder les astronautes s'éloigner — vers l'orbite, vers la Lune, vers des distances qui dépassent l'imagination — et quand enfin ils font demi-tour, une partie de nous voudrait qu'ils restent encore un peu.
Qu'ils nous rapportent encore quelques images, que l'aventure continue mais la physique est sans appel Integrity est sur une trajectoire qui l'a fait rentrer vers la terre.
Depuis le survol lunaire historique du 6 avril, les quatre membres de l'équipage ont fermé derrière eux la porte de l'espace profond. Wiseman, Glover, Koch et Hansen sont en route vers l'océan Pacifique, vers San Diego, vers leurs familles.
Pour nous, à la Mars Society Belgium, cette phase de "transit" est fascinante. Elle simule en miniature ce que vivront les futurs explorateurs martiens lors de leur long voyage interplanétaire
Et ils ont encore du travail avant d'amerrir dans le pacifique — parce qu'Artemis II est un vol d'essai, et qu'un vol d'essai ne s'arrête jamais vraiment avant l'amerrissage.
J7 — MARDI 7 AVRIL : LE LENDEMAIN DU GRAND SOIR
Mission Control avait choisi "Tokyo Drifting" des Glass Animals et Denzel Curry pour réveiller l'équipage en ce premier matin post-flyby. Une chanson aux sonorités électroniques et planantes — un choix qui disait beaucoup sur l'ambiance attendue du jour : flottante, de transition, entre deux mondes.
À leur réveil, l'équipage se trouvait à 58.400 km de la Lune et à 379.000 km de la Terre.
La Lune s'éloignait derrière eux. La Terre grandissait devant.
📸 LES PREMIÈRES PHOTOS PUBLIÉES PAR LA NASA — L'EARTHRISE 2026 DÉVOILÉ AU MONDE
début d'après midi, La Maison Blanche et la NASA publiaient les premières images officielles de la mission. Et la première d'entre elles a sidéré la planète entière.
L'Earthrise 2026. La Terre — croissant bleu et blanc, lumineuse dans le noir absolu — se levant au-dessus de l'horizon lunaire gris et cratérisé. Capturée pendant les 40 minutes de silence radio du passage face cachée, sans aucune guidance depuis Houston, par l'équipage seul à 400 000 km de chez eux.
Nous en avions parlé dans notre article sur le J6 : cet instant était planifié, préparé, répété pendant des mois.
Mais une photo préparée peut-elle avoir le même impact qu'une photo accidentelle ?
La réponse est oui — parce que l'image elle-même parle, indépendamment des circonstances..
Les ombres sont différentes, révélant des reliefs lunaires plus marqués mais le message est identique : notre planète, seule, fragile, irremplaçable, suspendue dans un vide infini.
La deuxième image publiée ce matin-là montrait l'éclipse solaire depuis l'espace lunaire : la Lune occultant totalement le Soleil, la couronne solaire brillant en anneau autour du disque sombre, et — détail extraordinaire rendu possible par l'obscurité de la Lune — des étoiles visibles en plein "jour" lunaire, ainsi que Saturne et Mars identifiables à l'œil nu.
Une image que personne n'avait jamais prise depuis cet angle dans toute l'histoire de l'humanité.
Dans les heures suivantes, d'autres images arrivaient via le système de communication laser O2O — dont une photographie de la Voie Lactée depuis l'espace cislunar qui a elle aussi créé une onde de choc : la structure spirale de notre galaxie, ses bras enroulés autour d'un barreau central d'étoiles, sans atmosphère pour brouiller les contours, depuis une position que très peu d'êtres humains ont jamais occupée.
La photo de groupe, elle, montrait les quatre astronautes souriants, tenant "Rise" — la peluche indicateur de gravité zéro conçue en hommage à l'Earthrise d'Apollo 8, qui transportait dans sa petite poche les noms de 5,6 millions de personnes du monde entier.
💬 « Ça a été un peu plus émotionnel que prévu. Juste cet acte de voir cette petite carte mémoire avec tous les noms de tout le monde, tous les espoirs qui font ce voyage avec nous. »
— Reid Wiseman, sur la signification de "Rise"
💬 « Nous disons toujours que nous y allons pour tous et par tous — et zipper cette petite poche au bas de Rise, c'était en quelque sorte le moment qui a tout mis ensemble pour moi. »
— Reid Wiseman
⚙️ LE PREMIER BURN DE RETOUR — 15H03 CEST
Le J7 marquait aussi le début du chemin technique du retour.
À 15h03 CEST (09h03 EDT), les propulseurs d'Orion ont été allumés pour le premier des trois burns de correction de trajectoire de retour (RTC). Cette manœuvre a ajusté et affiné le cap d'Orion vers la Terre.
Ce sont Koch et Hansen qui ont passé en revue les procédures et surveillé les systèmes pendant le burn.
Ce même jour, l'équipage allait se préparer pour les tests de combinaisons anti-intolérance orthostatique et une démonstration de pilotage manuel prévue à 15h59 CEST.
🌍 L'APPEL DEPUIS L'ESPACE CISLUNAR VERS L'ISS
Un moment historique, presque passé inaperçu dans l'effervescence du lendemain de survol : l'équipage d'Artemis II a établi une communication directe avec l'équipage de la Station Spatiale Internationale.
C'est la première fois dans l'histoire de la navigation spatiale qu'un équipage en espace profond communiquait directement avec un équipage en orbite basse terrestre. Deux équipes humaines dans l'espace, à des centaines de milliers de kilomètres de distance l'une de l'autre, s'appelant comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Ce que cette image dit de l'avenir : quand des astronautes seront en route vers Mars, ils pourront de la même façon parler à leurs collègues sur une base lunaire, ou en orbite terrestre, ou depuis la Terre.
Pour le plaisir des yeux, voici quelques photos publiées par la NASA.
Source: https://images.nasa.gov/
J8 - MERCREDI 8 AVRIL : LES TESTS DE LA DERNIÈRE LIGNE DROITE
Le huitième jour, à 291 000 kilomètres de la Terre, l'équipage a eu une journée dense — mélange de tests critiques pour la sécurité du retour, d'exercice physique, et d'un appel téléphonique depuis Ottawa.
Les astronautes ont poussé les systèmes de survie (ECLSS - Environmental Control and Life Support System) dans leurs retranchements. Ils ont évalué la régulation thermique de la cabine, testé les systèmes de communication de secours et vérifié les capteurs de radiations.
Un voyage vers Mars prendra des mois. S'assurer qu'une capsule peut maintenir un environnement sain, recycler l'air efficacement et protéger son équipage de l'environnement hostile de l'espace profond est le prérequis absolu avant d'envisager des missions de plus longue durée.
🩺 LES COMBINAISONS ANTI-ÉVANOUISSEMENT
Imaginez être alité pendant neuf jours. Votre corps, sans avoir à lutter contre la gravité, a progressivement redistribué ses fluides, réduit le volume sanguin, allégé les charges sur les muscles porteurs. Vos jambes, qui ne supportent plus rien, ont perdu de la masse. Votre système cardio-vasculaire a oublié de pomper le sang "vers le haut".
Et puis vous vous levez. En quelques secondes, le sang s'accumule dans vos jambes. La pression chute dans votre cerveau. Vous avez des vertiges, peut-être vous évanouissez. C'est l'intolérance orthostatique — un risque réel pour les astronautes au retour sur Terre, même après des missions relativement courtes comme les 10 jours d'Artemis II.
Les quatre membres d'équipage ont pris tour à tour le temps de tester et d'évaluer la combinaison anti-intolérance orthostatique portée sous la combinaison OCSS. Ce vêtement applique une compression sur la partie inférieure du corps pour contrecarrer cet effet et soutenir un retour sûr.
Ces données ne servent pas seulement à Artemis II. Elles alimentent directement les protocoles médicaux de toutes les futures missions de longue durée — et en particulier les missions vers Mars, où les astronautes passeront 6 à 9 mois en microgravité avant d'arriver sur un monde qui a une gravité (38% de celle de la Terre).
L'intolérance orthostatique à l'arrivée martienne pourrait être un problème bien plus sérieux encore.
🕹️ LE PILOTAGE MANUEL — DERNIÈRE DÉMONSTRATION EN ESPACE PROFOND
Après les tests vestimentaires, l'équipage devait prendre le contrôle manuel d'Orion autour de 16h55 CEST pour une autre démonstration de pilotage manuel. En utilisant le champ de vision de la fenêtre d'Orion, l'équipage devait centrer une cible désignée, puis guider le vaisseau vers une attitude "tail-to-Sun" — queue vers le Soleil.
Cette manœuvre a une signification pratique pour le retour : pointer la queue d'Orion vers le Soleil permet d'optimiser la gestion thermique du vaisseau pendant la phase de transit final. C'est aussi une validation de la capacité à orienter manuellement le vaisseau dans toutes les phases de vol — données précieuses pour les futurs commandants d'Artemis III et IV.
Note : les contrôleurs de vol ont finalement décidé de ne pas effectuer la démonstration de déploiement du bouclier de protection contre les radiations, pour consacrer du temps à préparer Integrity pour la rentrée atmosphérique.
L'APPEL D'OTTAWA
En soirée CEST, Jeremy Hansen et le reste de l'équipage ont décroché un appel depuis Ottawa.
Le Premier ministre canadien Mark Carney était aux côtés de la ministre de l'Industrie Mélanie Joly et de jeunes Canadiens pour parler avec le premier astronaute canadien à avoir voyagé en espace lointain.
Carney a dit qu'il était "absolument ravi" de parler à l'équipage, et les a invités à Ottawa pour des crêpes au sirop d'érable à leur retour. "Nous avons tous regardé et sommes inspirés par ce que vous faites", a-t-il dit.
La plaisanterie du sirop d'érable faisait référence à un moment viral de la mission : un pot de Nutella flottant dans la capsule, filmé par un astronaute. Carney voulait s'assurer que "la préférence dans la capsule était pour le sirop d'érable plutôt que le Nutella sur les crêpes."
Ce genre de moment — trivial, humain, drôle — dit quelque chose d'important. Artemis II n'est pas une mission de robots. Ce sont quatre personnes qui ont passé 8 jours dans un espace à peine plus grand qu'un van, qui se sont cogné dedans selon les mots de Christina Koch ("nous nous cognons l'un dans l'autre 100% du temps"), qui ont géré des tuyaux gelés de toilette, qui ont mangé des tortillas et de la macaron au fromage en apesanteur — et qui ont quand même accompli quelque chose d'extraordinaire.
💬 « Nous avons encore deux jours, et traverser l'atmosphère comme une boule de feu, c'est aussi quelque chose de profond. Je vais penser et parler à tout ça pour le reste de ma vie. »
— Victor Glover
J9 — JEUDI 9 AVRIL : LA VEILLE DU RETOUR
Tout au long du J9, l'équipage travaillait à mettre Integrity en configuration de rentrée atmosphérique.
Stocker les équipements. Réinstaller les sièges. Sécuriser tout ce qui peut se déplacer sous les forces de décélération.
À 181 000 km de la Terre, le troisième et dernier burn de correction de trajectoire de retour devait être effectué pour aligner avec précision l'angle de rentrée atmosphérique.
Cet angle est critique — nous y reviendrons dans l'encadré technique — et la correction de J9 est la dernière occasion de l'affiner avant que la Terre ne prenne définitivement le contrôle.
🩺 LE CORPS APRÈS L'ESPACE
Le pilote Victor Glover a dit que la mission avait réaffirmé sa conviction de longue date sur la fragilité de la Terre. "Cela ne la change pas — cela réaffirme absolument que nous vivons sur une planète fragile dans le vide de l'espace", a-t-il dit. "C'est presque comme voir une preuve vivante."
À 181 000 km — soit moins de la moitié du chemin entre la Terre et la Lune — Integrity rentrait dans le domaine de la gravité terrestre dominante.
À travers les hublots, la Terre ne ressemblait plus à une petite bille. Elle occupait à nouveau le ciel. Les continents commençaient à être discernables.
Quelque chose d'étrange se passe psychologiquement à ce stade, selon les témoignages d'astronautes précédents : on commence à retrouver des repères visuels, des couleurs familières, des formes connues.
Et en même temps, la perspective a changé. On ne verra plus jamais la Terre tout à fait de la même façon qu'avant de l'avoir vue de là-haut.
C'est le samedi 11 avril à 02h07 CEST (Brussels time) qu'Integrity doit amerrir au large de San Diego.
🔥 ENCADRÉ TECHNIQUE
LA RENTRÉE ATMOSPHÉRIQUE, LES PARACHUTES ET L'AMERRISSAGE
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⚡ LE DÉFI FONDAMENTAL : DISSIPER 10 657 M/S EN 13 MINUTES
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La rentrée atmosphérique durera 13 minutes. L'équipage subira une décélération de 3,9g en nominal — et jusqu'à 7-7,5g en cas de trajectoire de contingence.
Pour référence : à 3,9g, un corps humain de 80 kg "pèse" 312 kg. Les poumons se compriment, la vision peut se brouiller, le sang se déplace vers les extrémités.
La vitesse maximale pendant la rentrée sera de 310 657 m/s — soit 38 366 km/h, Mach 31. C'est légèrement inférieur au record établi par l'équipage d'Apollo 10 en 1969 (11 094 m/s).
Pour survivre à cette vitesse, le bouclier thermique d'Orion est composé de 180 tuiles d'AVCOAT — un matériau ablatif à base d'époxyde phénolique qui se vaporise intentionnellement au contact du plasma, emportant la chaleur avec lui. Ces tuiles, d'une épaisseur de 2,5 à 7,5 cm, peuvent protéger la capsule contre des températures de 2 760°C — soit environ la moitié de la température de surface du Soleil.
Pendant les minutes les plus intenses, Orion est enveloppée d'un plasma ionisé qui coupe toute communication radio — le "blackout" de rentrée. Mission Control et l'équipage savent que c'est normal. Mais l'attente du retour du signal est toujours un moment de tension absolue.
🛡️ LA TRAJECTOIRE "LOFTED RETURN" — LA LEÇON D'ARTEMIS I
Pour Artemis II, les ingénieurs ont modifié la trajectoire de rentrée afin de réduire le stress thermique, en éliminant la manœuvre "skip" utilisée sur Artemis I et en employant à la place un angle de descente plus raide, appelé "lofted return".
Lors d'Artemis I (sans équipage, en 2022), le skip entry avait révélé un comportement inattendu du bouclier thermique : plus de 100 zones avaient montré un matériau charbonné fissuré et décollé plutôt qu'une érosion graduelle comme prévu. L'intégrité structurelle de la capsule n'était pas en danger, mais le comportement de l'AVCOAT était anormal. L'Inspecteur Général de la NASA avait averti que ce comportement "crée un risque que le bouclier thermique ne protège pas suffisamment la capsule et l'équipage de la chaleur extrême de rentrée sur les futures missions."
La décision de procéder avec l'équipage malgré ce risque résiduel est l'une des décisions d'ingénierie les plus débattues du programme Artemis. La post-inspection du bouclier après l'amerrissage du 10 avril sera parmi les premières priorités techniques de l'équipe après la récupération.
⚙️ L'ANGLE DE RENTRÉE CRITIQUE : −5,5° À −7°
Orion doit aborder l'atmosphère dans une fenêtre angulaire extrêmement précise, calculée depuis des mois. Trop plat (moins de −5,5°) : le vaisseau rebondit dans l'espace comme un galet sur l'eau, sans décélérer suffisamment. Trop raide (plus de −7°) : la décélération dépasse les limites supportables par la structure et l'équipage. La différence entre ces deux extrêmes représente à peine 1,5° — sur un vaisseau revenant de 400 000 km.
🪂 LES 11 PARACHUTES EN 60 SECONDES
Une fois la phase plasma passée et le blackout terminé, Orion se retrouve toujours à environ 480 km/h. Un amerrissage à cette vitesse serait fatal. Le système de 11 parachutes prend le relais en une séquence d'une minute :
Étape 1 — Largage du couvercle avant (Forward Bay Cover) : le capot protecteur est éjecté par charges pyrotechniques pour exposer les parachutes.
Étape 2 — 2 parachutes drogue (à environ 7 600 m d'altitude) : deux dragues de 7 m de diamètre se déploient et ralentissent la capsule de 480 km/h à environ 160 km/h, tout en stabilisant l'oscillation de la capsule pour le déploiement suivant.
Étape 3 — 3 parachutes pilotes : trois petits parachutes extraient les parachutes principaux de leurs sacs.
Étape 4 — 3 parachutes principaux (à environ 1 800 m) : les trois parachutes principaux, tissés en Nomex, ralentissent Orion jusqu'à environ 27 km/h à l'amerrissage. L'ensemble du système s'inspire des parachutes hérités du programme Apollo et du système de récupération des boosters de la navette spatiale. L'amerrissage final est qualifié par le directeur de vol Rick Henfling de "doux à 20 miles par heure" (~32 km/h).
⚠️ LE RISQUE DU RETOURNEMENT
Même après l'amerrissage, un risque subsiste : les conditions météo peuvent créer des vagues qui retournent la capsule. Un système appelé CMUS (Crew Module Uprighting System) consiste en cinq grands sacs gonflables orange fixés sur le dessus de la capsule. Ce système se déploie automatiquement si Orion se retrouve en position inversée, le remettant à la verticale. La capsule doit être en position droite pour que les systèmes de communication fonctionnent correctement — et pour que la trappe puisse s'ouvrir.
Artemis I splashdown
🚢 LA RÉCUPÉRATION : L'USS JOHN P. MURTHA ET SA
Le navire de récupération désigné est l'USS John P. Murtha (LPD 26) — un navire de transport amphibie de classe San Antonio, basé à Naval Base San Diego.
Nommé en l'honneur du premier vétéran de la guerre du Vietnam élu à la Chambre des représentants américaine, le navire a été mis en service en 2016. Il déplace 25 000 tonnes en pleine charge, est manœuvré par un équipage de 699 personnes, et est propulsé par quatre moteurs diesel Colt-Pielstick de 40 000 chevaux lui permettant d'atteindre 41 km/h.
Ce qui rend ce navire unique pour la tâche : il dispose d'un "well deck" — un dock inondable à l'arrière — qui permet de faire entrer la capsule Orion directement dans le navire sans la sortir de l'eau par grue. C'est une solution élégante pour une capsule de 8,5 tonnes.
La récupération de l'équipage est effectuée par des MH-60S Sea Hawk de l'Escadron Helicopter Sea Combat Squadron (HSC) 23 "Wildcards", basé à Naval Air Station North Island à San Diego. Ces hélicoptères suivent Orion pendant toute la rentrée atmosphérique depuis l'espace aérien au-dessus du Pacifique.
LA SÉQUENCE DE RÉCUPÉRATION :
① Orion touche l'eau à ~32 km/h, à 80-130 km au large de San Diego.
② Des plongeurs de la Navy approchent la capsule depuis des petits bateaux, évaluent l'environnement pour détecter d'éventuels risques (propergols résiduels, vapeurs toxiques), attachent un collier de stabilisation gonflable, et déploient un radeau gonflable appelé "front porch" (perron) à l'extérieur de la trappe.
③ Les membres d'équipage sortent un par un — dans l'ordre : Koch, Glover, Hansen et Wiseman — et sont aidés à monter sur le front porch.
④ Les astronautes sont ensuite hissés un par un dans les hélicoptères Sea Hawk en attente et transportés vers l'USS John P. Murtha.
⑤ L'objectif est de livrer les quatre membres d'équipage à l'infirmerie du navire dans les deux heures suivant l'amerrissage. Des évaluations médicales post-mission sont effectuées à bord.
⑥ Pendant ce temps, une équipe séparée de la Navy attache des lignes de remorquage à Orion et la fait rentrer dans le well deck du Murtha. Un treuil pneumatique prend le relais pendant que marins et personnel NASA guident manuellement la capsule dans son berceau à l'intérieur du navire.
⑦ L'équipage est ensuite transporté à San Diego, puis par avion vers le Johnson Space Center à Houston pour les bilans médicaux détaillés.
⚠️ LES CONDITIONS MÉTÉO REQUISES
Pour un amerrissage et une récupération sûrs, la météo doit respecter : une hauteur de vagues significative inférieure à 1,8 mètre, aucune précipitation ni foudre dans un rayon de 55 km du site, des vents inférieurs à 45 km/h, et une visibilité suffisante pour le vol des hélicoptères. Actuellement, les prévisions sont favorables pour le 10 avril au large de San Diego.
Ci-dessous, pour suivre en direct sur le NASA youtube Channel ce retour sur terre de l'équipage d'Artemis II
Démarrage du flux vidéo à 00h00 (Brussels time)
L'amerrissage de la capsule Orion est prévue samedi à 02h07 ( Brussels time)
📚 Sources : NASA Artemis II Mission Blogs J7-J9 (nasa.gov/blogs/missions, 7-9 avril 2026)
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Article rédigé par la Mars Society Belgium
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